Création d'une version pour 2 pianos, soprano/mezzo et baryton/basse (transcription Yann Ollivo) le 17.02.2026 à Paris 17e, Conservatoire Claude Debussy, par Aurore Ugolin (S/MzS), Jean-Christophe Jacques (Bar/B), Nicolaï Maslenko et Olivier Dauriat (pno)
Emmanuel Conquer a écrit ces archipels en août 2020, durant les derniers jours précédant l’agonie de son épouse.
Dans ce poème puissant, douleur et chagrin contenus sont transfigurés dans un horizon lumineux, demeure de l’être aimé. Il a su faire écho à mes propres sentiments, et, à sa lecture, j’ai spontanément ressenti le besoin de transposer en musique ce que les mots provoquaient en moi, afin de rendre hommage à notre amie si chère.
L’œuvre musicale comporte trois mouvements correspondant aux trois Archipels dont le poème est constitué.
Selon l’auteur, la forme originale du poème laisse au lecteur la possibilité de lire le texte au gré de sa disposition d’esprit selon un enchaînement vertical ou horizontal.
Chaque verset « vertical » est à lui seul un archipel, chaque ligne « horizontale » en est un autre. De plus, il existe la possibilité de créer son propre archipel en choisissant un chemin de gauche à droite mais en obliquant de haut en bas ou inversement.
De fait, chaque vers est à lui seul un archipel et il existe de nombreuses façons de découvrir et redécouvrir cette œuvre. La seule dérogation demandée est de terminer chaque chapitre par le dernier vers comportant le mot « demeure ».
En tout premier lieu j’ai choisi de « créer » sept lignes horizontales/obliques d’archipels pour les deux premiers chapitres, six lignes rigoureusement horizontales pour le troisième, mais dans un ordre légèrement différent, tout en respectant le choix du poète.
En second lieu, afin de créer une action dramatique, j’ai voulu mener une confrontation entre deux voix chantées et une voix parlée.
Musicalement parlant, cela donne un aspect mélodique opposé à une théâtralité neutre et volontairement dépouillée.